09-02-2017
Mises en garde de l’Autorité des services et marchés financiers
Boiler rooms : la FSMA met le public en garde contre diverses sociétés irrégulièrement actives sur le territoire belge

L’Autorité des services et marchés financiers (FSMA) met le public en garde contre les activités de différentes « boiler rooms » et « recovery rooms » qui approchent des consommateurs belges.

Les sociétés irrégulièrement actives à l’encontre desquelles la FSMA met le public en garde sont les suivantes :

Les sociétés citées ci-avant ne disposent pas en Belgique d’un agrément en qualité d’entreprise d’investissement et ne peuvent en aucun cas fournir des services d’investissement en Belgique ou à partir du territoire belge.

En outre, selon les informations en la possession de la FSMA, ces sociétés pourraient être des « boiler rooms ».

Nous répétons que la fraude de type « boiler room » est une forme de fraude qui consiste généralement à contacter des consommateurs, sans y être invité et souvent par téléphone, pour leur proposer d’acheter des actions ou autres produits financiers. Ces derniers temps, les services proposés se diversifient toutefois. Sont ainsi également proposés : des comptes de gestion, des comptes à terme, du conseil en investissement, des placements dans du crowdfunding, etc. Même si les « boiler rooms » se présentent comme des prestataires de services agréés disposant d’un site web et de formulaires professionnels, il s’agit cependant d’escrocs et les actions ou produits proposés sont fictifs ou sans valeur. En général, le consommateur est attiré au moyen d’un premier investissement, d’un montant limité, qui s’avère très vite rentable. Par la suite, il est demandé au consommateur d’investir chaque fois davantage. Contrairement au premier investissement limité, les nouveaux investissements sont déficitaires et/ou lorsque le consommateur souhaite récupérer son argent, cela s’avère impossible sans versements complémentaires. Dans le cadre de pareilles opérations, les escrocs n’hésitent pas à soumettre le consommateur à une très forte pression (d’où l’appellation anglaise de « boiler room »). Au final, le consommateur ne récupère donc jamais les montants investis.

Ces « boiler rooms » semblent particulièrement viser les gérants et administrateurs de sociétés.

Pour ces motifs, la FSMA déconseille fortement de donner suite aux offres de services financiers émanant des sociétés énoncées ci-dessus et d’effectuer tout versement sur un compte communiqué par celles-ci.

À titre d’illustrations, vous trouverez ci-dessous deux témoignages de victimes de ce type de fraude :

« Voici un bref récit de ce qui constitue semble-t-il un scénario assez classique de fraude de type boiler room, un phénomène qui m’était jusqu’à présent inconnu.

Dans le courant du mois de juillet, j’ai été contacté par téléphone par une personne se présentant comme une collaboratrice de la section londonienne du “Wall Street Journal”, qui m’a demandé si j’étais intéressé par les placements et si je pouvais lui indiquer le capital dont je disposais.

Au début du mois d’août, j’ai été appelé par un “trader” – un certain “Alex Hall” – portfolio manager, pour m’encourager à effectuer un petit investissement d’environ 5 000 euros dans Geely Hong Kong. La firme pour laquelle il travaillait était Nikko-Desjardins Asset Management, une société disposant d’un siège à Toronto, au Canada, et dont le siège principal est situé à Tokyo, au Japon (http://www.nikkoholdings.com).

J’étais relativement méfiant et j’ai fait des recherches approfondies au sujet de cette firme sur internet. D’apparence, tout semblait en ordre. La société disposait d’un beau site web, travaillait sur la base de documents très professionnels et était mentionnée sur la ‘Bloomberg list of private companies’. L’investissement dans Geely Hong Kong me semblait également solide, c’est pourquoi j’ai décidé de donner suite à l’offre proposée. Nous sommes alors le 5 août 2016.

Le 18 août, j’ai été appelé par un certain “Stuart Poulson”, chef investissements à Tokyo, m’indiquant qu’il défendrait dorénavant mes intérêts. Les actions de Geely, que j’avais achetées 5 HK$, étaient dans l’intervalle cotées à 6,5 HK$, et j’étais donc très satisfait de mon investissement. Stuart Poulson m’a proposé de reprendre ces actions à 9 HK$, une proposition très lucrative. La condition était toutefois que j’investisse ce montant, ainsi que d’autres fonds supplémentaires, dans une nouvelle entreprise dont il avait soutenu la création. Il s’agissait de l’entreprise “xxx”. Initialement, Monsieur Poulson exigeait que je prenne dans mon portefeuille un bloc de 50 000 actions, d’une valeur totale de 50 000 euros. J’ai immédiatement indiqué que je n’avais pas l’intention de le faire. Il a alors accepté que j’effectue un investissement supplémentaire de 11 369,57 euros, afin que je puisse disposer d’un bloc de 20 000 actions, d’une valeur d’1,00 euro par action.

Le 14 septembre, Monsieur Poulson m’a rappelé pour m’annoncer la bonne nouvelle selon laquelle une acquisition de xxx était en cours de préparation et m’indiquer que l’acquéreur était disposé à payer jusqu’à 3 euros par action. Cet acquéreur souhaitait toutefois négocier uniquement avec des investisseurs disposant d’au moins 100 000 actions. Sa première demande était donc que j’étende mon paquet de 20 000 actions pour en détenir 100 000, ce que j’ai réfusé de faire. Il m’a alors proposé une alternative. Il connaissait également une autre personne qui était dans la même situation que moi. Avec elle, nous pourrions constituer un bloc de 100 000 actions, à savoir 50 000 chacun. Je devais alors encore verser le plus rapidement possible 30 300 euros. Poulson m’a également indiqué que si je ne donnais pas suite à cette offre, de gros doutes pesaient sur la valeur de mon portefeuille.

Le 21 septembre, j’ai donc versé les 30 300 euros réclamés pour élargir mon portefeuille à 50 000 actions. Le mardi 11 octobre, j’ai à nouveau été contacté par téléphone par Stuart Poulson, qui m’a indiqué que les négociations avec l’acquéreur étaient terminées et que les contrats allaient être signés. Mais il y avait un léger problème. Le partenaire qui formait un bloc avec moi s’était retiré. Il m’a donc été demandé de verser en urgence 50 500 euros supplémentaires pour compléter le bloc de 100 000 actions. J’ai refusé mais M. Poulson m’a alors laissé entendre que l’acquéreur procèderait à un “asset stripping” et que mes actions n’auraient plus aucune valeur au terme de l’acquisition. En outre, les actions n’étaient pas vraiment négociables, étant donné qu’il s’agissait d’une entreprise privée. J’ai alors commencé – peut-être un peu tard – à avoir de très gros doutes. Le site web de Nikko-Desjardins n’existe que depuis 1 an ; on ne retrouve aucune trace de l’entreprise avant 2015. J’ai aussi découvert sur internet le scénario des fraudes de type “boiler room”, qui correspondait entièrement à ma propre expérience. Je leur ai promis d’encore acheter 50 000 actions, mais je n’ai bien entendu pas l’intention de le faire ».

*

« A la fin du mois d’août, l’entreprise Eastern Quay Asset Management, en abrégé EQasset Management, m’a contacté pour réaliser “de façon professionnelle” des investissements en actions. J’ai longuement hésité, mais comme les montants étaient initialement assez peu élevés, j’ai quand même accepté. Le fait que leur site web avait l’air très professionnel et que je disposais de mon propre portail sur lequel je pouvais suivre toutes les évolutions a également joué un rôle. J’ai également contrôlé les chiffres sur la bourse et ceux-ci se sont avérés corrects. Leur organisation administrative était également parfaitement en ordre ; pour chaque paiement, je recevais par exemple une preuve de paiement distincte. A un moment donné, j’ai cependant commencé à avoir des doutes et j’ai demandé à une connaissance établie à Hong Kong de se rendre à Guangzhou pour s’assurer de la situation sur place. Il s’est alors avéré que l’adresse était fausse. Ensuite, j’ai appris que le programme télévisé néerlandais "Opgelicht" avait déjà consacré un reportage à ce sujet ».

La FSMA renvoie également les candidats-investisseurs à ses recommandations générales, lesquelles étaient encore récemment rappelées dans sa mise en garde du 7 novembre 2016.

Plus que jamais, la prudence est donc de mise. En cas de doute, n’hésitez pas à contacter directement la FSMA via le formulaire de contact électronique sur son site internet. N’hésitez pas non plus à avertir la FSMA de toute société suspecte qui n’aurait pas déjà fait l’objet d’un avertissement de sa part.

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