La FSMA publie un aperçu des produits d’assurance proposés sur le marché belge. Ce document, intitulé « Les produits d’assurance en images », présente des chiffres clés concernant le secteur des assurances, tels que le nombre d’acteurs et le type de contrats d’assurance, et met en avant certaines évolutions observées. Il fournit en outre une vision claire de la destination des primes encaissées et relève les différences parfois considérables qui existent à cet égard entre les assureurs.
La FSMA fonde son analyse sur différentes données en sa possession, telles que les informations qu’elle reçoit chaque année au sujet de certains produits commercialisés par les assureurs belges et par les succursales d’assureurs étrangers établies en Belgique[1]. C’est la première fois que la FSMA publie cet aperçu : la combinaison de la cartographie IDD, disponible depuis 2023, avec les autres sources de données de la FSMA livre en effet un éclairage nouveau et précieux. Les chiffres fournis dans cet aperçu portent sur l’année civile 2024. Des évolutions s’étalant sur plusieurs années sont présentées en fonction de la disponibilité des données.
L’aperçu fournit avant tout une vision claire de la destination des primes encaissées. Concernant les produits d’assurance non-vie, les entreprises d’assurance consacrent en moyenne 57 % des primes encaissées au règlement de sinistres. Certes, ce pourcentage ne reflète pas toute la réalité mais donne néanmoins au preneur d’assurance une première indication importante de la « value for money » (le rapport qualité-prix) de son produit d’assurance. Plus ce chiffre est bas, plus la part des primes qui revient aux preneurs d’assurance sous la forme de prestations directes est faible.
Il y a plusieurs années déjà que la value for money constitue un fer de lance du contrôle des assurances exercé par la FSMA. Elle a déjà examiné des centaines de produits d’assurance dont les caractéristiques soulevaient des questions quant à leur value for money, notamment lorsque seule une part très limitée de la prime était affectée au règlement de sinistres. Lorsque l’assureur concerné n’était pas en mesure de fournir une explication convaincante concernant les indicateurs constatés, il était attendu qu’il prenne les mesures nécessaires pour que son produit offre une réelle value for money au consommateur ou qu’il mette fin à la commercialisation de ce produit.
L’aperçu illustre les différences parfois considérables relevées au niveau du pourcentage susvisé, tant entre les différentes branches d’assurance qu’entre les assureurs opérant au sein d’une même branche. Il apparaît ainsi que pour certains produits d’assurance, tels que les assurances accidents et les assurances incendie, plusieurs assureurs utilisent moins de 20 % des primes encaissées pour régler les sinistres. Pour d’autres produits d’assurance, tels que les assurances maladie et les assurances assistance, le montant consacré au règlement de sinistres est toutefois nettement plus élevé dans l’ensemble du secteur.
Une part des primes encaissées est en outre destinée au paiement de commissions. Cette part s’élève en moyenne à 20 % pour les produits d’assurance non-vie et en moyenne à 5 % pour les produits d’assurance vie. Ces moyennes cachent elles aussi une grande diversité en fonction de la branche d’assurance et de l’assureur concernés. Ainsi, en ce qui concerne les assurances vie liées à des fonds d’investissement, quelques assureurs se distinguent par des commissions très élevées.
Outre des informations claires sur la destination des primes encaissées, l’aperçu contient également plusieurs chiffres clés.
Le marché belge de l’assurance compte 54 entreprises d’assurance belges et 268 entreprises d’assurance étrangères.
En 2024, les entreprises d’assurance belges ont perçu 86 % des primes versées dans le cadre des assurances non-vie, les entreprises d’assurance étrangères ayant encaissé les 14 % restants. Au niveau des assurances vie, les entreprises d’assurance étrangères ont perçu 13 % des primes versées. Il ressort des informations dont dispose la FSMA que le montant des primes encaissées par les entreprises d’assurance étrangères augmente plus rapidement que celui des primes encaissées par les entreprises d’assurance belges.
Fin 2024, on dénombrait 76 345 148 contrats d’assurance en cours. Une grande part des contrats d’assurance non-vie concernaient des assurances assistance[2]. Du côté des produits d’assurance vie, la plupart des contrats d’assurance en cours portaient sur des assurances vie offrant un rendement garanti et une éventuelle participation aux bénéfices.
L’aperçu sectoriel est consultable sur le site web de la FSMA.
[1] La cartographie IDD est un reporting périodique, effectué au niveau des produits, que les assureurs belges et les succursales d’assureurs étrangers établies en Belgique transmettent à la FSMA depuis 2023. Il s’agit d’un outil utilisé par la FSMA pour contrôler le respect des règles qui relèvent de son champ de compétences.
[2] Branche 18 « Assistance » - Il s’agit d’assurances qui fournissent une assistance/aide aux personnes en difficulté au cours de déplacements ou d’absences du domicile ou du lieu de résidence permanente, ainsi que dans d’autres circonstances.